Aliam Karim Rizzi
« Libérez les sens pour retrouver la plénitude de soi »
DR
Brisant tabous et conventions, ce praticien tantrique relie corps et esprit pour éveiller la conscience. C’est la découverte de sa berbérité qui a tout déclenché. Il envisage le plaisir et la sensualité comme une quête de vérité personnelle. En particulier pour les hommes, contraints par les stéréotypes et les silences.
Sa grand-mère kabyle était descendante d’une lignée de gâbla, sages-femmes traditionnelles du Maghreb. À travers le tantrisme, Aliam Karim Rizzi accomplit une autre forme de maïeutique : l’éveil de la conscience, la connaissance de soi par l’exploration des sens, du désir, de l’énergie vitale. Né en France en 1978 et établi aujourd’hui à Bruxelles, il est praticien tantrique depuis dix-sept ans. Également formé au coaching personnel, il a mené sa quête spirituelle auprès de chamanes équatoriens, mexicains ou encore d’un maître guérisseur vietnamien. Son ouvrage, Tantra, intimité au masculin, témoigne de sa pratique contemporaine d’une ancienne tradition dérivée de l’hindouisme. Approche holistique, énergétique, incarnée, reliant corps et esprit, extase sensuelle et mystique, où le toucher est un soin, le tantrisme est une voie de libération, une quête de plénitude et de vérité débarrassée des injonctions sociales. Témoin des carences, des blessures des hommes qu’il accompagne, l’auteur questionne l’identité masculine, le poids des conditionnements. Et prône une sexualité vécue en pleine conscience, outil de réalisation personnelle.
AM : Qu’est-ce que le tantrisme ?
Aliam Karim Rizzi : C’est une ancienne branche de l’hindouisme, qui a intégré le corps et la sexualité dans le cadre rituel, dans le respect d’une égalité hommesfemmes aussi. Le tantrisme cherche l’éveil de la conscience à travers les sens. Il transcende les limites et les séparations entre les hommes et les femmes, entre les classes, même entre les religions. Son but est de libérer l’individu, de faire tomber le masque. Il prône un code moral intégré au sein de l’être. Un courant du tantrisme consacre l’union sexuelle comme un acte rituel. Au fil de mon parcours spirituel, j’ai rencontré beaucoup de personnes qui restaient dans l’abstraction. Plutôt que d’étudier des textes sacrés, on passe par le corps, par les sens pour les dépasser. Un peu comme ces rares moments dans la sexualité où d’intenses sensations nous submergent, provoquant une perte de repères, de contrôle. On devient alors conscience.
Les pulsions sont aussi une ressource pour faire circuler les énergies et les amener à un niveau plus élevé ?
L’un des axes de ma pratique est d’explorer les sensations. Au lieu de répondre directement au désir, on le canalise, on l’éprouve, on le vit, on l’expérimente, on le goûte pour l’amener plus haut. Comme un bon vin : il n’étanche pas notre soif, mais on en déguste les moindres subtilités. Il ne s’agit pas de consommer, mais de développer quelque chose, qui laisse une empreinte. J’adapte ma pratique selon les individus. Certains DR me confient ne plus avoir de sexualité dans leur couple et ne veulent pas tromper leur partenaire. Comment vivre alors une sexualité ? C’est un sacré challenge.
éditos
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Une chevelure bouclée qui tombe sur une peau sombre, des yeux rieurs et l’accent sud-américain qui roule entre deux grands sourires, elle est celle qui incarne la Vénus noire, dans le nouveau film d’Abdellatif Kechiche qui crée actuellement tout un buzz : Yahima Torres n’a appris le français qu’en arrivant à Paris, en 2003.
Sécurité du Golfe Persique : quelle option, diplomatique ou militaire ?
Réservé aux abonnésComment décrypter les divers actes politiques qui ont trait à la sécurité dans le Golfe Persique ? Depuis ces trente dernières années, la région vit dans l’instabilité, et souffre de la guerre. Aujourd’hui, le climat politique sent la poudre, et nombre d’Etats dans la région ciblent l’Iran accusé de vouloir se doter de l’armement nucléaire. Pourtant, le 16 novembre dernier, l’Agence internationale de l’énergie atomique a constaté que près de la moitié des 8400 centrifugeuses qui produisent de l’uranium enrichi était en panne. Défaillance technologique due aux effets des sanctions qui pèsent depuis quatre ans sur l’Iran ou sabotage ?
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En pirogue, sur un dourouni, ces petits bus verts, moyen de transport populaire, ou encore en taxi, un fauteuil de cinéma, tout de velours rouge, est transporté à travers le Mali. Au Soudan Ciné, en plein cœur de Bamako, une spectatrice l’attend. Elle seule pourra assister à la projection, faute d’autres fauteuils. Ce joli court-métrage poétique de la réalisatrice Marion Stalens a été projeté au Soudan Ciné, fermé depuis 15 ans mais ouvert exceptionnellement ce 1er novembre, pour illustrer la démarche de l’association « Des cinémas pour l’Afrique » : restaurer les salles de cinéma du continent.